Voici quelques réflexions à propos de l'élection présidentielle et l'avenir de notre mouvement.
1) une stratégie électorale qui échoue deux fois en vue de la Présidence de la République est mauvaise : l'histoire ne repassera pas les plats. Il ne suffit pas d'avoir des idées justes et de bons conseillers pour gagner une élection ; sinon cela se saurait depuis longtemps. Une des raisons qui peut expliquer notre échec est probablement qu'il fallait à notre candidat "enfoncer le clou" beaucoup plus sur les mesures économiques à prendre après l'élection, en particulier ne pas hésiter à dire que l'on ferait de l'austérité (voir les déclarations de Jean Peyrelevade dans la presse ces dernières semaines). De toute façon ceci ne nous aurait pas fait perdre plus de voix ; d'autre part il est possible aussi que les Français ne veulent pas voir que cette situation est inévitable et préfèrent alors voter pour des gens qui continuent à leurs faire des promesses intenables.
2) il existe sous la Ve république une malédiction du Centre : les formations qui s'en réclament n'ont jamais pu exister indépendamment des grands partis de la droite et de la gauche. Alors que ces dernières sont obligées pour gouverner d'obtenir des voix des électeurs centristes et de faire une politique modérée si elle veut réussir, le paradoxe veut que les partis centristes ne peuvent avoir une existence politique que s'ils s'allient à une autre formation, en l'occurence la droite puisque la gauche n'en veut pas.Ceci est largement lié au mode de scrutin majoritaire qui empêche tout parti n'atteignant pas au moins un quart des voix exprimées d'être représenté dans les grandes occasions électorales.
3) si l'avenir politique de François Bayrou est largement incertain, celui de notre mouvement est fixé depuis le 22 avril : il est mort. Je ne vois pas comment, repeint sous les couleurs du « centre pour la France » nous pourrions peser sur l'élection législative où nous ferons au mieux 5 % avec un nombre de députés compris entre zéro et deux. Je trouve à cet égard que les polémiques sur le fait de savoir s'il fallait voter Sarkozy, Hollande ou blanc me paraissent à la fois pathétiques et superflues.
4) je pense enfin que le fonctionnement de notre formation, au moins au niveau départemental laisse largement à désirer vis-à-vis du débat démocratique : si l'adhésion à un parti politique doit se limiter à la préparation des réunions, à la distribution des tracts et aux collages éventuels d' affiches je crois que cela n'intéresse pas grand' monde. Enfin il faudra quand même se décider sur la forme du soutien que nous avons à apporter à Daniel Garrigue qui a fait son travail pendant la campagne présidentielle ; il attendra aussi au minimum quelques informations.